Venezuela: le président Nicolas Maduro plaide “non coupable” devant un tribunal de New York
Présenté ce lundi 5 janvier 2026 devant un tribunal fédéral de New York, l’ex-président vénézuélien Nicolas Maduro a plaidé non coupable des lourdes accusations portées contre lui par la justice américaine. Cette comparution intervient dans un contexte de crise géopolitique majeure, deux jours après une opération militaire des États-Unis à Caracas et l’installation d’un pouvoir intérimaire à la tête du Venezuela.
Menotté et escorté par de lourds dispositifs de sécurité, Nicolas Maduro a comparu devant le juge fédéral Alvin K. Hellerstein à Manhattan, marquant une étape décisive dans une affaire qui secoue l’Amérique latine et la scène internationale. Détenu dans une prison de Brooklyn, l’ancien chef de l’État vénézuélien a rejeté l’ensemble des charges, notamment liées au narcotrafic et au trafic d’armes, dans un dossier relancé par Washington.
Cette audience intervient après une opération militaire spectaculaire menée par les États-Unis à Caracas dans la nuit du 2 au 3 janvier, ayant conduit à la capture et à l’exfiltration de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Washington affirme avoir agi dans le cadre de l’application de sa législation, tandis que plusieurs pays et organisations internationales dénoncent une violation de la souveraineté vénézuélienne.
À Caracas, le pouvoir s’est rapidement réorganisé. Delcy Rodríguez, nommée présidente par intérim par la Cour suprême et soutenue par l’armée, a appelé à une relation « équilibrée et respectueuse » avec les États-Unis, tout en invitant Washington à un agenda de coopération. Son frère, Jorge Rodríguez, a été réélu à la tête de l’Assemblée nationale dominée par le camp chaviste.
Une onde de choc diplomatique mondiale
Sur le plan international, les réactions se multiplient. À l’ONU, le secrétaire général Antonio Guterres a rappelé la nécessité de respecter la souveraineté et l’indépendance politique des États. La France, par la voix d’Emmanuel Macron, a jugé la méthode américaine « non approuvée », tout en qualifiant le départ de Maduro de « bonne nouvelle » pour les Vénézuéliens. De son côté, Cuba a annoncé la mort de 32 de ses ressortissants lors de l’opération militaire et décrété deux jours de deuil national.
Alors que la défense de Nicolas Maduro promet de contester à la fois les charges et les conditions de son arrestation, la perspective d’un procès long et complexe se dessine. En attendant, le Venezuela reste suspendu à une transition politique incertaine, sous l’œil attentif d’une communauté internationale profondément divisée.
Pour rappel, les États-Unis ont mené des bombardements dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier à Caracas, la capitale du Venezuela. Le président vénézuélien a été « capturé et exfiltré » du pays avec sa compagne. Le couple répond d’accusations en lien avec le trafic de drogue. Nicolas Maduro a plaidé non coupable devant un tribunal de New York ce lundi 5 janvier. Il restera en détention jusqu’à la prochaine audience programmée le 17 mars.
Donald Trump a réaffirmé, dimanche soir, que les États-Unis étaient désormais « aux commandes » du Venezuela. Sommée de se conformer aux volontés de Washington, Delcy Rodriguez, nommée présidente par intérim par la Cour suprême de son pays, a affiché sa volonté de coopérer avec Washington dans le cadre de relations « équilibrées et respectueuses (…) fondées sur l’égalité souveraine et la non-ingérence ».

