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« J’ai connu les pires moments de ma vie en prison », les confidences de Nadine Okoumassoun

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Un mois après sa libération de prison, la jumelle Nadine Okoumassoun, activiste et opposante a fait des confidences sur son séjour carcéral, ses expériences politiques et les orientations qu’elle compte donner à son combat politique.

Nadine Okoumassoun a été libérée le mercredi 27 août 2022 et mise sous contrôle judiciaire par la cour de répression des infractions économiques et du terrorisme Criet. Malgré les 16 mois passés en prison loin de ses proches, la jeune femme veut poursuivre son combat politique.

Dans un entretien accordé à BENIN WEB TV, Nadine Okoumassoun a raconté son séjour carcéral avant de dévoiler les perspectives de son militantisme politique. “Savez-vous, la prison reste ce qu’elle est . Un lieu par excellence de la stagnation de l’humain. Un prisonnier ne peut pas signer un contrat. En prison, on renonce d’une manière ou d’une autre à ses projets et à une bonne partie de sa vie qu’on ne peut plus mener à sa guise. C’est encore plus compliqué quand on est détenu politique”, a expliqué Nadine Okoumassoun.

Vous pouvez déjà imaginer l’atrocité qu’on nous aurait fait vivre. J’ai connu les pires moments de ma vie en prison. On nous a fait voir de toutes les couleurs. Les séquelles, je les garde encore et je les inscrirai dans un document pour ma progéniture et la génération future pour leur dire qu’à un moment sombre de l’histoire de notre vie, j’ai été privée de ma liberté pendant 1ans 4 mois, parce que j’ai défendu la nation contre ses bourreaux.

Mais que jamais, je n’ai satisfait à leur envie de me voir abandonnée la lutte contre l’imposture, les fausses promesses et les mensonges ; que ni la prison, ni les représailles ne m’ont fait fléchi.

Nadine Okoumassoun

Les vraies raisons de son incarcération

Dans cet entretien, Nadine Okoumassoun s’est prononcée pour la première fois sur les raisons avancées par la justice pour justifier son incarcération. “Il m’a été reprochée d’appartenir à un groupe terroriste qui dans le cadre des présidentielles ont voulu porter atteinte à la sûreté de l’État. C’est-à-dire que nous avons voulu détruire les institutions de la République pour des fins politiques”, a-t-elle dévoilé.

Mais Nadine Okoumassoun pense n’avoir pas “perdu ma féminité pour m’adonner à des actes de violences qui ont vocation à détruire les institutions de cette république qui nous a vu naître et nous a tout donné”. Pour elle, tous les béninois savent qu’elle a été emprisonnée pour ses opinions. “J’ai été emprisonnée parce que j’ai osé défendre mon droit, mon pays, conformément aux dispositions de la Constitution dans son article 42 : « La défense de la nation est un devoir pour tout citoyen »”, a-t-elle clarifié.

Ajavon, Atrokpo, Epiphane Quenum… Ses combats politiques

En ce qui concerne son combat politique, Nadine Okoumassoun ne compte pas “faire amende honorable et rebrousser chemin” car, confie t-elle “Ce que nous avons, tout le temps, demandé au président Patrice Talon et qu’il n’a jamais voulu comprendre. Tant que la majorité des Béninois se sentiront opprimés, qu’on leur refusera de prendre part démocratiquement aux élections et d’élire leurs propres représentants, les esprits les plus malfaisants profiteront de la naïveté des victimes pour assouvir leur soif de violence”.

Ma lutte vise à permettre aux Béninois de retrouver un Bénin démocratique, dans lequel chaque citoyen choisit librement ses dirigeants. Je reste déterminée dans cette logique et je referai le même combat, si c’était à refaire. J’ai toujours été présente sur la scène politique nationale depuis 2015. En 2015, nous avons ratissé large pour Épiphane Quenum dans le cadre des élections législatives.

D’ailleurs, sur deux conseillers municipaux qu’il a eu, nous en avons donné un. Il a eu un conseillé dans sa zone et un autre dans le 12 ème arrondissement à Akogbato, où nous avions mouillé le maillot pour lui. Il s’est fait qu’il a été nommé Préfet et ne pouvait pas soutenir un candidat parceque ce rôle ne le lui permettait pas. Il a demandé à ses militants de soutenir le candidat de leur choix. En 2016, nous avons porté Sébastien Ajavon. J’ai fait partie de la coordination estudiantine ayant fait venir Ajavon à l’UAC dans le cadre de l’élection présidentielle.

Le Maire Luc Atrokpo peut témoigner ma forte contribution à son élection au Conseil municipal de la ville de Cotonou. Il me connaît très bien et sait qui je suis. Je militais encore pour son élection, quand j’ai commencé à dénoncer le Code électoral révisé qui donne le pouvoir aux responsables des partis politiques d’élire les maires. J’ai trouvé que le peuple lui même devrait désigner ses dirigeants.

Et pour cela, jamais et au grand jamais, on ne devrait arracher aux conseillers communaux choisis par le peuple pour élire les maires, cette prérogative et le remettre aux responsables qui ne sont pas le choix du peuple mais la volonté d’un homme. Luc Atrokpo s’en était offusqué et me l’a clairement dit. Néanmoins, j’ai continué en lui disant que c’était contre mes principes. Pour moi, c’est simplement de la tricherie.

Nadine Okoumassoun

Son adhésion à un parti politique

Après la prison Nadine Okoumassoun prévoit donner une nouvelle orientation à sa lutte par mon adhésion à un parti politique.

“Ensemble, avec le parti nous déciderons de la stratégie efficace pour l’atteinte de nos objectifs. Je suis une femme extrêmement ambitieuse. Mais désormais, je répondrai aux principes, visions et objectifs d’un parti politique. Mon militantisme se fera désormais avec une formation politique dont je tais le nom pour le moment”, a–elle annoncé.

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