Guinée : France 24 interdite de diffusion après les propos sur Mamadi Doumbouya
La Haute autorité de la communication (HAC) de Guinée a ordonné, jeudi 17 septembre 2026, l’interdiction avec effet immédiat de la diffusion de France 24 sur l’ensemble du territoire national. La décision intervient au lendemain d’une protestation officielle du régulateur contre l’utilisation à l’antenne de l’expression « président putschiste » pour désigner le chef de l’État, Mamadi Doumbouya.
La sanction est tombée au lendemain d’un premier avertissement. Dans une décision rendue publique jeudi, la HAC reproche à la chaîne française d’avoir maintenu les propos qu’elle juge inappropriés à l’égard du président guinéen.
L’affaire remonte au lundi 14 septembre, lorsqu’un présentateur de France 24 a qualifié Mamadi Doumbouya de « président putschiste » au cours d’un journal télévisé. Le régulateur guinéen avait réagi dès le mercredi 16 septembre, dénonçant l’utilisation « délibérée » d’un qualificatif jugé inapproprié pour désigner le chef de l’État.
Malgré cette protestation, l’extrait concerné était encore accessible sur le site internet de France 24 dans la matinée du jeudi 17 septembre. La HAC a alors décidé d’aller plus loin en ordonnant l’interdiction de diffusion de la chaîne avec effet immédiat.
France 24 reconnaît une erreur et annonce des corrections
La Haute autorité de la communication justifie sa décision par le « maintien des propos incriminés ». Elle a également demandé à France 24 de procéder aux « rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques ».
De son côté, France 24 avait reconnu mercredi soir une erreur dans la désignation du dirigeant guinéen. La chaîne a indiqué qu’elle avait qualifié « par erreur » Mamadi Doumbouya de « président putschiste » et annoncé son intention de présenter ses excuses ainsi que de rectifier cette formulation à l’antenne.
Cette nouvelle mesure s’inscrit dans un contexte de restrictions visant plusieurs médias internationaux en Guinée. La Haute autorité de la communication avait déjà pris des mesures contre différents organes de presse et a également annoncé, mercredi, le retrait de l’accréditation du correspondant de Jeune Afrique, invoquant des « manquements professionnels ».
La décision guinéenne intervient aussi alors que France 24 ne diffuse déjà plus dans plusieurs pays africains dirigés par des régimes militaires. La chaîne est notamment interdite au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Au Togo, où elle avait été suspendue en 2025 pour une période initiale de trois mois, elle n’a pas été rétablie depuis.

