Coup d’Etat déjoué au Bénin: 5 ans de prison ferme requis contre journaliste, policier; retraité, élu local…
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné, mardi 3 février 2026, plusieurs dossiers liés à des publications sur les réseaux sociaux en lien avec la tentative de coup d’État déjouée du 7 décembre 2025. Au total, cinq prévenus issus de profils variés retraité, internaute, journaliste, policier et élu local risquent chacun jusqu’à cinq ans de prison ferme et de lourdes amendes.
Les procès de l’affaire de tentatives de Coup d’état se poursuivent à la Criet. À travers commentaires Facebook, messages WhatsApp ou publications professionnelles, les mis en cause sont poursuivis pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État, voire incitation à la rébellion.
Dans le premier dossier, un ancien agent de banque à la retraite comparaît pour des propos tenus sur Facebook le jour même de la tentative de putsch. Interpellé le 12 décembre 2025 à Porto-Novo, il est accusé, selon le ministère public, d’avoir échangé des messages jugés suspects avant les événements du 7 décembre, affirmant notamment que seul un coup d’État ou une action violente pouvait conduire à un changement de régime.
À la barre, le prévenu a sollicité la clémence de la Cour. Le parquet spécial a requis contre lui cinq ans de prison ferme assortis d’une amende de dix millions de FCFA. Selon Libre Express, le parquet estime que les éléments retrouvés sur son téléphone établissent clairement les infractions poursuivies. Son avocat, Me Hugo Koukpolou, a plaidé l’égarement dans un contexte national tendu. Le verdict est attendu le 24 mars 2026.
Un second dossier concerne un jeune internaute d’une trentaine d’années, poursuivi pour une publication Facebook qualifiée d’apologie des événements du 7 décembre 2025. Face à la Cour, le prévenu a affirmé ne pas se souvenir du post incriminé. Pour lui, il s’agissait d’un contenu repris d’un groupe. Une ligne de défense rejetée par le ministère public, qui rappelle que la publication a bien été faite sur son compte personnel.
Le parquet spécial a requis cinq ans de prison ferme et dix millions de FCFA d’amende et estime que les faits sont établis. La défense a invoqué la maladresse et l’absence d’intention de nuire à l’État béninois. Là encore, le délibéré est fixé au 24 mars 2026.
Journaliste, policier et élu local dans le viseur de la justice
Le troisième dossier vise un journaliste basé à Porto-Novo, détenteur d’une carte de presse, poursuivi pour une publication Facebook relayant la déclaration des mutins annonçant la prise du pouvoir. Selon l’accusation, ce message annonçant “une nouvelle ère” constitue une apologie du coup d’État manqué.
Le journaliste a contesté toute intention apologétique, expliquant avoir simplement rapporté, dans l’urgence, des informations diffusées sur la télévision nationale, avant de relayer également les démentis officiels du gouvernement. Le ministère public n’a pas été convaincu et a requis cinq ans de prison ferme et dix millions de FCFA d’amende. Le verdict est attendu pour fin mars 2026.
Dans le quatrième dossier, un policier en service à la Direction de la police judiciaire (DPJ) est poursuivi pour un commentaire publié dans un groupe WhatsApp. Placé en détention préventive depuis décembre 2025, l’agent soutient que son message visait à mettre en garde contre les conséquences d’un coup d’État. Le parquet spécial a néanmoins dénoncé un manquement grave au devoir de réserve. Il a également requis cinq ans de prison ferme et dix millions de FCFA d’amende. Le délibéré est attendu le 24 mars 2026.
Enfin, un élu local du Bloc républicain est poursuivi pour avoir salué la tentative de putsch et appelé à prier pour les mutins dans un groupe WhatsApp. Le ministère public a requis à son encontre cinq ans de prison ferme et dix millions de FCFA d’amende pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État. La décision de la CRIET est attendue pour fin mars 2026.

