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Sénégal : Diomaye Faye vire le porte-parole de la présidence, les prémices d’une rupture avec Sonko

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Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a écarté Ousseynou Ly de ses fonctions de porte-parole de la présidence de la République, le remplaçant par un avocat extérieur au Pastef. Une décision lourde de sens, intervenue sur fond de tensions croissantes avec le Premier ministre Ousmane Sonko.

Par un arrêté daté du 30 avril 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions d’Ousseynou Ly, ministre-conseiller et porte-parole de la présidence de la République. Pour lui succéder, le chef de l’État a choisi l’avocat Abdoulaye Tine, coordinateur de la coalition Diomaye Président et président de la SOGEPA.

Le choix du successeur est hautement symbolique. Le nouveau porte-parole ne provient pas du Pastef : il émane de la coalition Diomaye Président, structure présidentielle autonome qui se distingue du parti dirigé par le Premier ministre, marquant ainsi une volonté claire de détacher l’appareil d’État des structures partisanes classiques.

Ousseynou Ly, un militant historique écarté

Militant identifié du Pastef, Ousseynou Ly occupait ce poste depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye en mars 2024. Figure de proue du parti, il avait accompagné Diomaye Faye et Ousmane Sonko à leur sortie de prison en mars 2024, lors de leur première conférence de presse commune.

Dans sa déclaration de départ rendue publique le 4 mai, il a réaffirmé explicitement sa loyauté au Premier ministre Ousmane Sonko, dont il a dit partager « l’engagement et la fidélité au projet de transformation porté par le Pastef ». Une déclaration perçue comme un acte politique délibéré, voire une prise de distance vis-à-vis du président.

Ce limogeage n’est pas survenu dans le vide. Deux jours avant cette décision, le chef de l’État avait rappelé lors d’un entretien avec la presse sénégalaise son pouvoir de remercier son Premier ministre s’il ne lui faisait plus confiance, évoquant ses points de divergences avec le Pastef.

La crise a atteint un pic en mars 2026, lorsque le Premier ministre avait menacé de retirer le Pastef du gouvernement. Plusieurs absences consécutives d’Ousmane Sonko aux conseils des ministres avaient été perçues comme des signes manifestes de défiance envers l’autorité présidentielle.

Au cœur du conflit se trouve également l’inéligibilité d’Ousmane Sonko pour le scrutin de 2029. Suite à une condamnation pour diffamation confirmée par la Cour suprême, il est exclu du jeu présidentiel pour une durée de cinq ans, sauf modification législative. Cette situation alimente deux ambitions désormais divergentes au sommet de l’exécutif.

La base militante du Pastef sous le choc

Sur les réseaux sociaux, la base militante du Pastef est sous le choc. L’éviction d’Ousseynou Ly suscite des commentaires cinglants : « dépastefisation de l’État », « ménage à la tête ».

L’analyste Alioune Tine, défenseur des droits humains proche de l’opposition historique, est sans équivoque : ce limogeage constitue « le premier acte du divorce » institutionnel entre les deux têtes de l’exécutif.

Ousmane Sonko n’a pas tardé à réagir. Invité à s’exprimer devant la jeunesse de son parti, il a mis en garde contre « la bousculade du classement, le moi, moi, moi », perçu comme une réponse au discours présidentiel. Le slogan de campagne « Diomaye mooy Sonko » semble définitivement appartenir au passé.

Une cohabitation de fait qui s’installe ?

La séquence confirme une mécanique désormais rodée à Dakar : chaque déclaration présidentielle appelle une sortie du Premier ministre. Le dialogue des sourds s’installe, et avec lui, l’hypothèse d’une cohabitation de fait au sommet de l’État.

Lors d’un entretien télévisé accordé début mai, le chef de l’État a justifié ses décisions de limogeage par la nécessité de « protéger l’institution présidentielle », affirmant que tout responsable écarté l’avait été après avoir « attaqué le président à plusieurs reprises ». Un avertissement à peine voilé adressé à l’ensemble de l’exécutif — et au Premier ministre en premier lieu

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