Bénin – Criet : 24 mois de prison requis contre l’avocat Me Magloire Yansunu
Poursuivi pour abus de fonction et blanchiment de capitaux, Maître Magloire Yansunu a de nouveau comparu ce lundi 4 mai 2026 devant la CRIET. À l’issue des réquisitions du ministère public, 24 mois de prison, dont 3 mois fermes, ont été sollicités contre l’avocat, tandis que la défense plaide une relaxe pure et simple.
Le dossier de Maître Magloire Yansunu a franchi une nouvelle étape décisive ce lundi à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Dans une salle d’audience attentive, le ministère public a durci le ton en requérant une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont 3 mois fermes. Il estime que les faits reprochés à l’avocat sont suffisamment établis.
Cette réquisition intervient après plusieurs semaines de débats autour des accusations portées contre le juriste, poursuivi pour abus de fonction et blanchiment de capitaux.
Selon l’accusation, les éléments du dossier démontrent une gestion contestée de fonds appartenant à des clients, pour un montant évalué à plusieurs millions de francs CFA.
La défense, de son côté, a immédiatement contesté cette lecture des faits. Les avocats de Maître Yansunu ont plaidé la relaxe pure et simple. Pour eux, les infractions ne sont pas constituées et le dossier repose sur une interprétation erronée des relations contractuelles entre l’avocat et ses clients.
Une bataille juridique centrée sur la qualification des faits
La question de la nature exacte des faits reprochés demeure centrale. Pour la défense, il ne s’agit nullement d’infractions pénales, mais plutôt d’un différend professionnel lié à la gestion d’honoraires et à des accords privés avec un client de longue date.
Les avocats de l’accusé insistent également sur l’absence d’intention frauduleuse, un élément qu’ils jugent indispensable pour caractériser les infractions retenues.
Ils soutiennent que le dossier repose davantage sur un malentendu contractuel que sur une volonté de détournement ou de blanchiment.
Face à ces arguments, le ministère public maintient sa position et considère que les faits sont suffisamment établis pour justifier une condamnation.
Le verdict de la CRIET est désormais très attendu dans cette affaire qui met en lumière les responsabilités professionnelles des auxiliaires de justice dans la gestion des fonds de leurs clients.

