Côte d’Ivoire: la DGI rate sa cible au premier trimestre 2026 malgré une hausse des recettes
En Côte d’Ivoire, la Direction générale des impôts (DGI) a mobilisé 1 214,2 milliards FCFA au premier trimestre 2026, contre une prévision de 1 332,6 milliards FCFA, soit un taux de réalisation de 91,1 %. Malgré ce déficit de 118,4 milliards FCFA, les recettes fiscales enregistrent une progression de 9,7 % par rapport à la même période en 2025, portée par des réformes et la digitalisation.
La performance de la Direction générale des impôts (DGI) ivoirienne au premier trimestre 2026 présente un contraste notable : une progression des recettes, mais un objectif non atteint. Selon Afrique sur 7, avec 1 214,2 milliards FCFA mobilisés sur les 1 332,6 milliards attendus, l’administration fiscale affiche un manque à gagner de 118,4 milliards FCFA, traduisant des difficultés structurelles persistantes.
Malgré ce déficit, les chiffres témoignent d’une dynamique positive comparée à l’année précédente. Les recettes fiscales ont augmenté de 106 milliards FCFA, soit une hausse de 9,7 % en glissement annuel. Selon le directeur général des Impôts, Ouattara Sié Abou, cette progression s’explique notamment par l’intensification de la digitalisation des services fiscaux, l’optimisation des mesures fiscales et les efforts accrus dans le recouvrement des arriérés.
Toutefois, ces avancées n’ont pas suffi à combler les écarts avec les prévisions. Plusieurs facteurs ont freiné la mobilisation des ressources, notamment la contre-performance de certains impôts clés tels que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les impôts sur les salaires. À cela s’ajoutent la mise en œuvre tardive de la réforme des taux fonciers et des perturbations liées à l’instabilité des systèmes informatiques.
Des réformes attendues pour redresser la trajectoire
Face à ces contre-performances, les autorités entendent renforcer les dispositifs existants. Vassogbo Bamba, directeur adjoint au ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, préconise la poursuite de la digitalisation, l’accélération des réformes engagées et un meilleur recouvrement des arriérés fiscaux afin d’améliorer les performances à court terme.
Les perspectives pour le deuxième trimestre 2026 restent ambitieuses. La DGI vise une mobilisation de 1 775,4 milliards FCFA, soit une hausse de 26,4 % par rapport à la même période en 2025. L’atteinte de cet objectif dépendra toutefois de la capacité de l’administration fiscale à corriger rapidement les dysfonctionnements identifiés.
Au-delà des performances trimestrielles, la fiscalité demeure un levier essentiel du développement économique ivoirien. Les recettes fiscales, dominées par la TVA, les impôts sur les revenus et les bénéfices, ainsi que les taxes sur les biens et services, financent des secteurs clés tels que les infrastructures, l’éducation et les services publics.
Ces ressources jouent également un rôle déterminant dans la soutenabilité de la dette publique, estimée à 59,5 % du PIB en 2026. Avec un objectif de mobilisation de plus de 8 000 milliards FCFA à l’horizon 2026, les administrations fiscales ivoiriennes sont plus que jamais au cœur de la stratégie de consolidation budgétaire et de croissance économique du pays.

