Mali: libération des djihadistes pour lever le blocage des camions transportant du carburant vers Bamako
Au Mali, les autorités de transition ont procédé à la libération d’une centaine de djihadistes présumés liés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM/JNIM) afin d’obtenir la levée du blocus des convois de carburant vers Bamako. Cet accord, conclu dans un contexte de crise énergétique aiguë, doit rester en vigueur jusqu’à la fête de la Tabaski prévue en mai.
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C’est un choix stratégique aux allures de compromis risqué. Confrontées à une paralysie progressive de l’approvisionnement en carburant, les autorités maliennes ont opté pour une mesure exceptionnelle : la libération d’une centaine de combattants présumés du GSIM, affilié à Al-Qaïda, en échange d’un accès sécurisé aux routes menant à Bamako.
Depuis septembre 2025, les groupes djihadistes multiplient les attaques contre les camions-citernes, bloquant ainsi l’acheminement du carburant vers la capitale. Cette situation a rapidement dégénéré en crise, affectant les transports, les activités économiques et le quotidien des populations.
Selon des informations rapportées par l’Agence France-Presse, le groupe affilié d’Al-Qaïda connu sous son acronyme JNIM prévoit l’ouverture d’un couloir sécurisé pour permettre le passage des convois de carburant. Une mesure temporaire qui devrait s’étendre jusqu’à la célébration de la Tabaski, une période particulièrement sensible sur le plan social et religieux.
Un accord controversé dans un contexte sécuritaire fragile
Au-delà des membres présumés du JNIM, plusieurs jeunes issus de la communauté peuls ont également été libérés. Une décision qui relance le débat sur les amalgames fréquents entre certaines communautés et les groupes armés, dans un pays où les tensions intercommunautaires restent vives.
Le Mali est plongé dans une crise sécuritaire profonde depuis 2012. Celle-ci est alimentée par la présence de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, mais aussi par des réseaux criminels locaux. Malgré les efforts militaires et les changements de stratégie, la situation reste instable, notamment dans les zones rurales et le centre du pays.
Cet accord, bien que pragmatique pour répondre à une urgence économique, soulève de nombreuses interrogations. Entre nécessité de garantir l’approvisionnement et risque de renforcer des groupes armés, les autorités maliennes avancent sur une ligne de crête, dans un contexte où chaque décision peut avoir des répercussions durables sur la sécurité nationale.

