RDC: un géant minier chinois accusé d’avoir empoisonné le pays
En République démocratique du Congo, un rapport accablant met en cause l’exploitation de cobalt de Tenke Fungurume, opérée par le groupe chinois CMOC, pour des pollutions graves affectant les communautés locales. Publiée en mars 2026 par des organisations environnementales, l’enquête pointe la responsabilité indirecte de grands constructeurs automobiles mondiaux dans cette crise sanitaire et environnementale.
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Au cœur de la transition énergétique mondiale, une controverse majeure éclate autour de l’une des plus grandes mines de cobalt au monde. Située dans le sud de la République démocratique du Congo, la mine de Tenke Fungurume est aujourd’hui accusée de provoquer une crise sanitaire silencieuse, liée à ses émissions polluantes.
Le rapport intitulé Transition toxique, publié par l’Agence d’enquête environnementale et l’organisation congolaise PremiCongo, révèle que les activités de cette mine exploitée par le groupe chinois CMOC Group Limited exposent les populations riveraines à des substances dangereuses. En cause notamment : le dioxyde de soufre (SO₂), un gaz toxique associé à des maladies respiratoires et à une dégradation de l’environnement.
Selon les enquêteurs, la qualité de l’air dans les zones environnantes dépasse régulièrement les normes internationales de sécurité. « La crise sanitaire est bien réelle », alerte Alexander von Bismarck, directeur exécutif de l’Agence d’enquête environnementale, évoquant des preuves scientifiques et médicales concordantes.
Des communautés sacrifiées sur l’autel de la transition énergétique
Derrière l’essor des véhicules électriques se cache une réalité plus sombre pour les populations locales. La demande mondiale en cobalt a explosé, portée notamment par l’industrie automobile, qui en consomme près de 43 % pour la fabrication de batteries lithium-ion.
Mais cette croissance rapide a un coût humain élevé. Des milliers de personnes auraient été déplacées autour de la mine de Tenke Fungurume, tandis que d’autres vivent désormais dans des conditions sanitaires dégradées. « Ce rapport met en lumière le coût humain de la transition énergétique », dénonce Christian Bwenda, coordinateur de PremiCongo.
Au-delà de la RDC, des préoccupations similaires émergent dans plusieurs pays africains, notamment en Zambie, en Guinée et au Zimbabwe, où des activités minières sont également accusées de causer des dommages environnementaux et sociaux.
Des géants de l’automobile sous pression
L’enquête établit un lien entre le cobalt extrait à Tenke Fungurume et les chaînes d’approvisionnement de grands constructeurs automobiles tels que BMW, Mercedes-Benz, Stellantis et Volkswagen.
Si aucune de ces entreprises ne nie que ce cobalt puisse intégrer indirectement leurs produits, certaines affirment avoir engagé des actions. Mercedes-Benz évoque des discussions avec l’exploitant de la mine, tandis que BMW annonce des investigations internes. Stellantis, de son côté, reconnaît s’approvisionner sur ce site et mentionne des alertes antérieures sur des maladies liées à la pollution.
Ces réactions restent toutefois insuffisantes pour les ONG, qui dénoncent un manque de responsabilité face à une chaîne d’approvisionnement pourtant jugée traçable. « La complexité invoquée est davantage une question de commodité qu’une impossibilité technique », insiste Alexander von Bismarck.
Face à ces révélations, les auteurs du rapport appellent à une suspension des achats de cobalt provenant de cette mine tant que sa conformité aux normes environnementales et sociales ne sera pas démontrée.
Dans un contexte de rivalité stratégique entre puissances mondiales pour l’accès aux minerais critiques, cette affaire relance le débat sur la justice environnementale. Elle pose une question cruciale : la transition énergétique peut-elle se faire au détriment des populations africaines ?

