WAMECA 2025 : Mahougnon Angèle ADANLÉ, une journaliste béninoise distinguée pour son enquête sur l’ANIP
Finaliste de la huitième édition des West Africa Media Excellence Awards (WAMECA), la journaliste béninoise Mahougnon Angèle ADANLÉ a reçu un Certificat de mérite pour son enquête « ANIP Bénin : entre promesses numériques et réalités éprouvantes des usagers », publiée sur Bénin Web TV le 28 décembre 2024. Cette distinction, décernée dans le cadre d’un rendez-vous régional consacré à l’excellence journalistique au Ghana, met en lumière un travail qui interroge les difficultés rencontrées par les citoyens face à la dématérialisation des services publics au Bénin.
La reconnaissance d’un travail journalistique se mesure aussi à sa capacité à rendre visibles les difficultés que les citoyens rencontrent au quotidien. Pour Mahougnon Angèle ADANLÉ, journaliste béninoise alors en fonction à Bénin Web TV, la sélection parmi les finalistes des WAMECA 2025 a constitué une étape importante dans son parcours professionnel. Le 3 octobre 2025, la Media Foundation for West Africa (MFWA), organisatrice de cette compétition régionale, a annoncé sa présence dans la sélection des journalistes retenus pour cette édition. La cérémonie de remise des distinctions s’est tenue le samedi 11 octobre 2025 à Accra, au Ghana.
Derrière cette distinction se trouve une enquête consacrée à l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP), un organisme au cœur de la modernisation de l’état civil et de l’identification des citoyens au Bénin. Intitulé « ANIP Bénin : entre promesses numériques et réalités éprouvantes des usagers », l’article a été publié le 28 décembre 2024, avant une mise à jour le 12 mai 2025. À travers ce travail, la journaliste s’est intéressée à l’écart entre les avantages attendus de la numérisation administrative et les obstacles qui continuent de compliquer certaines démarches pour les usagers.
A. l’issue de sa participation à la WAMECA 2025, Mahougnon Angèle ADANLÉ a souligné la portée de cette sélection, qu’elle considère comme davantage qu’une récompense individuelle. Elle y voit une reconnaissance du journalisme d’impact, capable de donner une place aux préoccupations des populations et de questionner le fonctionnement des services publics. Son enquête s’inscrit ainsi dans une démarche journalistique qui consiste à confronter les ambitions affichées par les politiques de transformation numérique aux expériences vécues par les citoyens.

Une enquête sur les promesses et les limites de la dématérialisation
L’ANIP occupe une place essentielle dans le dispositif d’identification des personnes au Bénin. Les services proposés, notamment le Certificat d’identification personnelle (CIP), la carte biométrique et les actes d’état civil sécurisés, répondent à des besoins fondamentaux liés à l’identité et à l’accès aux prestations administratives. La dématérialisation de ces démarches vise notamment à réduire les déplacements, les délais et les contraintes autrefois associés à l’obtention de documents officiels.
Dans son enquête, Mahougnon Angèle ADANLÉ a recueilli des témoignages illustrant les bénéfices de cette évolution. Certains usagers apprécient la possibilité d’effectuer leurs démarches à distance, sans devoir systématiquement retourner dans leur commune d’origine. D’autres acteurs interrogés soulignent la réduction de certaines contraintes administratives, les économies réalisées et les possibilités offertes par les plateformes numériques. Ces expériences positives montrent l’intérêt de la transformation numérique lorsqu’elle facilite effectivement l’accès aux services publics.
Cependant, le reportage met également en évidence les difficultés qui subsistent. Les problèmes de connexion, les erreurs dans les données personnelles, les complications liées aux numéros de téléphone enregistrés et les obstacles rencontrés lors du téléchargement de documents figurent parmi les préoccupations rapportées. L’enquête évoque également les risques associés à la protection des données personnelles et l’insuffisance de l’assistance en ligne dans certaines situations. Ces difficultés peuvent contraindre des usagers à se déplacer à nouveau auprès des services compétents, alors même que la numérisation devait leur éviter ces démarches.
À travers les témoignages recueillis, la journaliste montre ainsi que la disponibilité d’une plateforme numérique ne garantit pas, à elle seule, un service accessible à tous. La qualité des données enregistrées, la fiabilité des outils techniques, l’accompagnement des usagers et la possibilité de corriger les erreurs constituent autant de conditions nécessaires à une dématérialisation réellement efficace. L’enjeu ne se limite donc pas à mettre des documents en ligne mais il consiste aussi à garantir que chaque citoyen puisse obtenir et utiliser ses pièces administratives sans obstacles disproportionnés.
L’article replace enfin ces difficultés dans le contexte plus large de la transformation numérique engagée par les autorités béninoises. Il rappelle les ambitions affichées en matière de modernisation des services publics et la nécessité de veiller à ce que les innovations technologiques répondent concrètement aux besoins des populations. Dans cette perspective, l’enquête invite à considérer l’expérience des usagers comme un indicateur essentiel de la réussite des politiques numériques.
WAMECA 2025, une reconnaissance à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest
La distinction de Mahougnon Angèle ADANLÉ s’inscrit dans le cadre des West Africa Media Excellence Awards, connus sous le sigle WAMECA. Organisé par la Media Foundation for West Africa, cet événement vise à promouvoir l’excellence journalistique et à récompenser les productions médiatiques qui contribuent à éclairer les enjeux de gouvernance et de développement dans la sous-région.
Pour sa huitième édition, le rendez-vous s’est tenu à Accra, au Ghana, du 9 au 11 octobre 2025. La conférence et les échanges professionnels ont eu lieu les 9 et 10 octobre, avant la cérémonie de remise des prix organisée le 11 octobre à l’hôtel Alisa. Le thème retenu était : « Le journalisme et les infrastructures publiques numériques en Afrique ». Il plaçait au centre des discussions le rôle des médias dans la compréhension, la surveillance et l’évaluation des politiques de transformation numérique sur le continent.
La sélection de cette édition a été particulièrement compétitive. Selon la MFWA, les organisateurs ont reçu 793 candidatures provenant de 15 pays d’Afrique de l’Ouest, soumises par des journalistes issus d’environ 600 organes de presse. Après examen des productions par un jury de quatre spécialistes des médias africains, 26 journalistes ont été retenus comme finalistes. Tous devaient recevoir un Certificat de mérite, tandis que les lauréats des différentes catégories étaient appelés à recevoir des trophées, des certificats et des récompenses financières.
La présence de Mahougnon Angèle ADANLÉ dans cette sélection place son travail aux côtés de productions journalistiques venues de plusieurs pays de la région. Elle souligne également la place que peuvent occuper les enquêtes consacrées aux services publics numériques dans le débat sur la gouvernance, la transparence et l’inclusion. À l’heure où les États investissent dans des systèmes d’identification, des plateformes de paiement et des services administratifs en ligne, les journalistes sont appelés à examiner non seulement les objectifs annoncés, mais aussi les résultats obtenus et les difficultés rencontrées par les populations.

« On ne peut pas parler d’infrastructures publiques numériques si les citoyens font encore la queue »
Le message défendu par la journalistelors d’un panel à la WAMECA 2025 résume l’enjeu central de son travail. « On ne peut pas parler d’infrastructure publique numérique alors que les gens font encore la queue pour obtenir des services de base. Il est du devoir des journalistes de dénoncer et de remettre en question ces réalités. », a-t-elle affirmé. Cette déclaration traduit une conception du journalisme qui ne se contente pas de relayer les annonces institutionnelles, mais cherche à vérifier leur portée à partir des expériences des citoyens.
Dans son message de remerciement, Mahougnon Angèle ADANLÉ a exprimé sa reconnaissance à la Media Foundation for West Africa, au jury des WAMECA 2025, à Bénin Web TV ainsi qu’à toutes les personnes qui soutiennent un journalisme responsable, constructif et au service du public. Elle a également présenté cette reconnaissance comme un encouragement à poursuivre un travail d’information attentif aux préoccupations des populations.
La journaliste estime par ailleurs que son enquête a contribué à faire évoluer les pratiques de l’administration numérique, notamment en matière de dématérialisation des services administratifs au Bénin. Cette appréciation, qu’elle formule à propos de l’impact de son travail, souligne son ambition de voir les productions journalistiques dépasser le simple constat pour nourrir la réflexion et les améliorations dans l’action publique.
Au-delà du certificat reçu, cette distinction rappelle ainsi une exigence fondamentale. La transformation numérique ne peut être pleinement appréciée à travers le nombre de plateformes créées ou de procédures dématérialisées. Elle doit également être évaluée à l’aune de l’accès réel aux services, de la fiabilité des documents délivrés et de la capacité des administrations à répondre aux difficultés des usagers. En mettant ces questions en lumière, l’enquête de Mahougnon Angèle ADANLÉ illustre la contribution du journalisme à un débat public mieux informé sur les infrastructures numériques et leur utilité sociale.

