Santé sexuelle : faux, une femme qui ne mouille pas n’est pas nécessairement frigide
L’absence ou l’insuffisance de lubrification vaginale ne signifie pas qu’une femme manque de désir sexuel, contrairement à une idée reçue encore répandue. Dans une publication de sensibilisation, le médecin Oscar Gbéké explique les différents facteurs susceptibles de perturber la lubrification et rappelle qu’elle ne permet pas, à elle seule, de mesurer le désir sexuel.
Une femme peut éprouver du désir, ressentir de l’excitation et avoir envie d’un rapport sexuel sans que son corps produise suffisamment de lubrification naturelle. Pourtant, l’absence de sécrétions vaginales est parfois interprétée comme un signe de manque de désir, voire de frigidité. Une confusion qui peut nourrir la culpabilité et les incompréhensions au sein des couples.
Pour déconstruire cette croyance, le médecin Oscar Gbéké insiste sur la distinction entre le désir sexuel et la lubrification vaginale. « La lubrification vaginale et le désir sexuel (la libido) sont deux mécanismes biologiques différents, même s’ils sont liés », explique-t-il.
Il précise que le désir correspond à l’envie d’avoir des relations sexuelles, tandis que la lubrification est un phénomène physiologique qui contribue à humidifier le vagin et à rendre la pénétration plus confortable. « Une femme peut avoir une très forte envie de faire l’amour […] et pour des raisons purement physiques, ne pas produire assez de sécrétions », souligne le médecin.
Hormones, stress, médicaments : plusieurs facteurs en cause
Le manque de lubrification peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Le médecin évoque notamment une stimulation insuffisante ou des préliminaires trop courts. « Parfois, les préliminaires sont trop courts, or le corps a besoin de temps […] pour que l’afflux sanguin se fasse et que la lubrification naturelle apparaisse », indique-t-il.
Les variations hormonales peuvent également intervenir. La ménopause, l’allaitement et certaines périodes suivant l’accouchement sont notamment susceptibles de modifier la lubrification vaginale. Certains médicaments, dont des antidépresseurs et des antihistaminiques, peuvent aussi contribuer à une sécheresse vaginale chez certaines femmes.
Le stress, la fatigue et l’anxiété figurent également parmi les facteurs cités par Oscar Gbéké. « Si vous êtes stressée, fatiguée ou que vous avez des appréhensions, votre corps se met en position de “défense”, ce qui bloque la lubrification », explique-t-il. Ces difficultés ne signifient toutefois pas nécessairement une absence de désir pour le partenaire.
Les infections, les inflammations et les irritations locales peuvent aussi provoquer une sécheresse ou des douleurs pendant les rapports sexuels. Lorsque ces symptômes persistent, une consultation médicale permet d’en rechercher la cause et d’envisager une prise en charge adaptée.
Les traumatismes peuvent aussi affecter la sexualité
Au-delà des facteurs physiques et hormonaux, le médecin attire l’attention sur les conséquences possibles des traumatismes psychologiques. Les violences sexuelles, les agressions et les violences conjugales peuvent affecter la relation au corps et à l’intimité.
« Des antécédents de violences (agressions sexuelles, viol, violences conjugales) ou des chocs émotionnels profonds marquent durablement le système nerveux », affirme Oscar Gbéké. Chez certaines personnes, ces expériences peuvent contribuer à des réactions de peur, à des tensions musculaires ou à des difficultés d’excitation dans les situations intimes. Ces réactions varient néanmoins selon les personnes et ne sont pas systématiques.
Les traumatismes physiques peuvent également avoir des conséquences sur la vie sexuelle. Le médecin mentionne notamment les complications après un accouchement, les déchirures, les cicatrices douloureuses et certaines interventions chirurgicales dans la région pelvienne. Selon la nature des lésions, ces situations peuvent affecter le confort et les sensations pendant les rapports.
Quelles solutions face à la sécheresse vaginale ?
Face à une lubrification insuffisante, Oscar Gbéké recommande de ne pas culpabiliser. « La solution la plus simple et immédiate au quotidien est l’utilisation d’un lubrifiant à base d’eau », conseille-t-il. Ce type de produit peut réduire les frottements et améliorer le confort, sans nécessairement traiter la cause de la sécheresse.
Lorsque le problème persiste, provoque des douleurs ou affecte la qualité de vie, il recommande de solliciter un professionnel de santé. « Si le problème persiste et qu’il vous cause de l’inconfort ou de la peine, n’hésitez pas à en parler à votre gynécologue, votre psychologue ou à votre médecin, il existe des solutions médicales adaptées », conclut-il.
Le désir sexuel, les réactions physiologiques et le consentement sont des réalités distinctes. Les comprendre permet de lutter contre les préjugés et de favoriser une sexualité plus respectueuse du corps et du vécu de chaque femme.

