Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embaló annonce son retour et dit « Oui, je serai candidat » à la présidentielle de 2026
Moins d’un an après avoir été renversé par un coup d’État militaire, Umaro Sissoco Embaló prépare son retour en Guinée-Bissau et confirme son intention de briguer à nouveau la magistrature suprême. L’ancien président, actuellement hors du pays, annonce son retour pour le 4 octobre et entend porter les couleurs d’une « Plateforme républicaine » lors de la présidentielle prévue le 6 décembre 2026.
Umaro Sissoco Embaló veut reprendre le chemin de Bissau. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique depuis Brazzaville, l’ancien chef de l’État bissau-guinéen a confirmé sans ambiguïté son intention de participer à la prochaine élection présidentielle. « Oui, je serai candidat », a-t-il déclaré, alors que le pays se prépare à un scrutin censé marquer le retour des civils au pouvoir après près d’un an de transition militaire.
Son retour au pays est désormais annoncé pour le 4 octobre 2026. Dans un message publié ce lundi 28 septembre, l’ancien président a présenté ce retour comme une démarche volontaire et appelé ses compatriotes à privilégier « l’harmonie, la tolérance et le respect mutuel ». Il a également insisté sur la nécessité de placer l’intérêt national et la stabilité au-dessus des divergences politiques.
Cette rentrée politique intervient dans un contexte particulièrement sensible. Umaro Sissoco Embaló avait été renversé le 26 novembre 2025, trois jours après l’élection présidentielle et législative du 23 novembre, alors que les résultats du scrutin présidentiel n’avaient pas encore été officiellement proclamés. Les militaires avaient alors annoncé la suspension du processus électoral et la prise de contrôle du pays.
Une présidentielle dans un contexte institutionnel profondément remanié
Depuis le putsch, la Guinée-Bissau est dirigée par une autorité de transition militaire. Le calendrier électoral prévoit désormais des élections présidentielle et législatives le 6 décembre 2026, avec pour objectif affiché de permettre le retour à un pouvoir civil.
Mais le cadre institutionnel a évolué entre-temps. Le 30 août dernier, les Bissau-Guinéens ont été appelés aux urnes pour un référendum constitutionnel. Selon les résultats provisoires annoncés par les autorités électorales, le nouveau texte a été approuvé avec environ 70 % des suffrages exprimés, pour une participation d’environ 62,6 %.
La nouvelle Constitution renforce notamment les prérogatives du président. Elle lui permettrait de nommer et de révoquer le Premier ministre et le gouvernement, de créer ou supprimer des ministères et, dans certaines circonstances, de dissoudre le Parlement. Le nombre de députés doit également passer de 102 à 65 et celui des circonscriptions électorales de 29 à 12.
Autre changement susceptible de peser sur la candidature d’Umaro Sissoco Embaló c’est que le nouveau texte prévoit que les candidats à la présidentielle doivent avoir résidé de manière permanente en Guinée-Bissau au cours des cinq années précédant l’élection. Cette disposition est différente des conditions prévues par l’ancienne Constitution, qui exigeait notamment la nationalité bissau-guinéenne de naissance, un âge minimum de 35 ans et la jouissance des droits civiques et politiques.
Embaló veut reconstruire son camp politique
La candidature annoncée par Umaro Sissoco Embaló s’inscrit dans la continuité de son projet politique avant son renversement. En août 2025, alors qu’il était encore au pouvoir, il avait déjà annoncé son intention de se présenter à la présidentielle sous une bannière indépendante, dans le cadre d’un nouveau mouvement politique baptisé « Move Forward Together ».
Cette fois, l’ancien président entend s’appuyer sur une « Plateforme républicaine », qui doit servir de cadre à sa nouvelle offensive politique. Son objectif est de revenir dans le jeu électoral après avoir été contraint de quitter le pouvoir et tenter de reconquérir la présidence par les urnes.
Son retour annoncé intervient également alors que ses partisans se mobilisent depuis plusieurs semaines pour réclamer son retour au pays. Une campagne en ce sens avait notamment été lancée sur les réseaux sociaux.
La présidentielle du 6 décembre devrait ainsi se tenir dans un environnement politique entièrement remodelé depuis le coup d’État de novembre 2025. Pour Umaro Sissoco Embaló, le premier rendez-vous sera toutefois celui du 4 octobre, date à laquelle il prévoit de rentrer en Guinée-Bissau. Sa candidature annoncée devra ensuite s’inscrire dans les nouvelles règles constitutionnelles et électorales adoptées pendant la transition.

