TRIOMPHE MAG , parce que l'information, C'est Le Pouvoir
TRIOMPHE NETTOYEURS
TRIOMPHE NETTOYEURS

Seulement 5,2 % de femmes désignées maires au Bénin soit 4 sur 77, contraste avec les avancées enregistrées au Parlement

0

Après les élections communales de janvier 2026, seules quatre femmes dirigent des communes sur les 77 que compte le Bénin. Une représentation de 5,2 %, qui contraste avec les avancées enregistrées au Parlement et relance le débat sur la place des femmes dans la gouvernance locale. Entre faible présence dans les conseils communaux, poids des partis politiques et demande de nouveaux quotas, les chiffres révèlent un accès encore limité des femmes aux postes exécutifs locaux.

Quatre. Oui, c’est le nombre de femmes qui occupent aujourd’hui un fauteuil de maire au Bénin. Sur les 77 communes du pays, 73 sont dirigées par des hommes contre seulement 4 par des femmes, selon la compilation des listes des exécutifs communaux installés après les élections communales de janvier 2026.

Les quatre femmes maires sont Marguerite Agbanzé à Toffo, Saï Patricia Ponna à Toucountouna, Alazi Osséni Saka Zinatou à Kandi et Adégnika Angélique Titiloya à Kétou.

Avec cette répartition, les femmes représentent 5,2 % des maires du Bénin. Autrement dit, moins d’une commune sur vingt est actuellement dirigée par une femme.

Ce chiffre est la preuve que malgré les discours sur l’inclusion et les progrès réalisés dans certaines institutions, le pouvoir exécutif local reste largement masculin.

Les femmes restent minoritaires dès les conseils communaux

Le faible nombre de femmes maires ne commence pas au moment de la désignation des exécutifs communaux. Il apparaît dès la composition des conseils municipaux.

Selon les chiffres avancés par l’ONG CASED Bénin dans une pétition publiée lors du Forum social mondial 2026, les femmes ne représentent que 79 conseillères communales sur 1 815 élus locaux, soit environ 4,4 %.

Cette faible présence dans les assemblées locales réduit mécaniquement le nombre de femmes susceptibles d’accéder ensuite aux fonctions de maire.

Le parcours vers la tête d’une commune passe en effet par plusieurs étapes, être candidate, figurer sur une liste électorale éligible, être élue conseillère communale, disposer d’un poids politique suffisant au sein du conseil et parvenir à réunir une majorité pour diriger l’exécutif communal.

À chacune de ces étapes, les femmes restent confrontées à des obstacles qui limitent leur progression.

2026 : le contraste avec l’Assemblée nationale

La situation au niveau local contraste avec les évolutions observées au Parlement.

Selon la composition de l’Assemblée nationale issue des élections législatives de 2026, 29 femmes siègent parmi les 109 députés, soit environ 26,6 % de représentation féminine.

Mais cette progression doit être analysée avec prudence. Selon les données disponibles sur les résultats électoraux, seules quatre femmes ont été élues députées hors quota.

La présence féminine au Parlement bénéficie donc largement du mécanisme légal de promotion des femmes mis en place par le Code électoral promulgué par l’ancien président Patrice Talon.

Cette comparaison révèle une différence; En effet, là où des mesures spécifiques existent, la représentation féminine progresse plus rapidement. En revanche, dans les espaces politiques où la compétition repose essentiellement sur les rapports de force traditionnels, les femmes restent largement minoritaires.

Les quotas changent-ils réellement la donne ?

Pour plusieurs organisations féministes, l’expérience parlementaire démontre que les mécanismes volontaristes peuvent produire des résultats.

Dans sa pétition intitulée « Pour des quotas de 50 % de femmes dans les conseils communaux au Bénin », l’ONG CASED Bénin rappelle que les femmes représentent plus de la moitié de la population béninoise, mais qu’elles ne comptent que 4 maires sur 77 communes et 79 conseillères communales sur 1 815 élus locaux.

L’organisation estime que la loi sur les quotas appliquée aux élections législatives a permis d’améliorer la représentation féminine à l’Assemblée nationale, avec 25,69 % de femmes députées, selon les chiffres mentionnés dans sa pétition.

CASED Bénin demande donc l’instauration d’un quota minimum de 50 % de femmes sur les listes électorales communales et municipales, la formation et l’accompagnement financier et technique des femmes candidates, la lutte contre les violences politiques basées sur le genre.

Pour l’organisation, la faible représentation des femmes dans les conseils communaux contribue à maintenir des inégalités dans l’accès aux responsabilités publiques.

« Pourquoi les partis politiques ne nous impliquent pas ? »

Au-delà des chiffres, la question de la responsabilité des partis politiques revient régulièrement dans le débat.

Chantal Vinadou Djotodia, ancienne première dame de Centrafrique et candidate aux élections législatives dans la cinquième circonscription électorale au Bénin, s’est dite déçue par la stagnation du nombre de femmes maires.

« La fois dernière c’était quatre, aujourd’hui encore c’est quatre. Mais pourquoi ? C’est-à-dire que nous les femmes ne sommes pas compétentes ? », a-t-elle réagi au constat de quatre femmes maires sur 77 communes.

Selon elle, les formations politiques doivent davantage faire confiance aux femmes et leur permettre d’accéder aux postes stratégiques. Mieux, elle estime que les mécanismes mis en place pour favoriser la présence féminine au Parlement ont joué un rôle déterminant.

« Si ce n’est pas que le chef de l’État a instauré “femme bonus”, ce qui veut dire qu’on n’aura même pas autant de femmes aussi à l’Assemblée. »

Pour Chantal Vinadou Djotodia, la faible présence des femmes dans les responsabilités politiques s’explique également par les difficultés auxquelles elles sont confrontées dans l’espace public.

Elle évoque notamment le poids des critiques et des attaques personnelles qui peuvent décourager certaines femmes de s’engager.

Le plafond de verre du pouvoir local

Les données de 2026 permettent de mesurer un phénomène précis. Les femmes ne sont pas seulement moins nombreuses dans les institutions politiques, elles restent surtout moins nombreuses là où se trouve le pouvoir exécutif.

Les chiffres sont éloquents :

  • Maires : 4 femmes sur 77 communes (5,2 %)
  • Conseillères communales : 79 femmes sur 1 815 élus locaux (environ 4,4 %)
  • Députées : 29 femmes sur 109 députés (26,6 %)
  • Députées élues hors quota : 4

Cette différence entre institutions montre que la question n’est pas uniquement celle de la participation politique des femmes, mais celle de leur accès aux postes de décision.

Les données de genre, un outil pour mesurer l’inclusion démocratique

L’Objectif de développement durable numéro 16 (ODD 16) appelle à construire des institutions efficaces, responsables et inclusives.

Dans cette perspective, les données de genre permettent d’évaluer concrètement la participation des femmes aux processus de décision.

Elles permettent de poser plusieurs questions comme Combien de femmes sont candidates ?; Combien sont élues ?; Combien accèdent aux postes exécutifs ?; Combien dirigent effectivement les institutions ?

Sans données désagrégées par sexe, il devient difficile de mesurer les progrès réels et d’identifier les blocages.

Les mairies restent un territoire masculin

En 2026, les femmes béninoises sont davantage présentes dans certaines institutions politiques, mais leur accès au pouvoir local demeure limité.

Avec seulement quatre femmes maires sur 77 communes, la gouvernance communale reste l’un des espaces où l’écart entre hommes et femmes est le plus visible.

Les chiffres montrent une réalité selon laquelle, les mécanismes de promotion peuvent accélérer la représentation féminine, mais sans dispositifs similaires au niveau local, le sommet du pouvoir communal reste encore largement masculin.

Au Bénin, la question n’est plus seulement de faire entrer les femmes en politique. Elle est désormais de savoir comment leur permettre d’accéder aux lieux où se prennent les décisions.

Cet article WanaData a été soutenu par Code for Africa et la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth, financé par le Partenariat Européen pour la Démocratie (EPD)

TRIOMPHE NETTOYEURS

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More