Gaz domestique : voici pourquoi le Ghana ne peut plus compter uniquement sur cette précieuse ressource
Le système énergétique ghanéen entre dans une phase de tension structurelle, marquée par une demande de gaz en forte croissance, tirée par le secteur électrique, l’industrialisation et l’urbanisation, tandis que l’offre nationale et régionale peine à suivre.
Le Ghana fait face à un décalage croissant entre consommation et capacités d’approvisionnement. Malgré les investissements en cours dans l’amont pétro-gazier et les infrastructures, la dynamique actuelle traduit un changement de régime énergétique : la demande progresse plus vite que la production domestique et que les flux importés via les circuits régionaux, notamment le gazoduc ouest-africain.
Une demande en forte accélération
Selon la Ghana National Petroleum Corporation (GNPC), la consommation de gaz devrait connaître une hausse soutenue au cours de la prochaine décennie. Trois facteurs principaux alimentent cette trajectoire : la production d’électricité, qui repose largement sur les centrales thermiques au gaz ; l’industrialisation progressive du pays, qui accroît les besoins en énergie stable ; et l’urbanisation, qui élargit structurellement la base de consommation.
Les projections de la GNPC estiment la demande à environ 840 millions de pieds cubes standard par jour d’ici 2030, puis proche du milliard de pieds cubes par jour en 2036. Ces chiffres illustrent la pression croissante qui pèsera sur le système gazier national.
Une offre sous contrainte
En regard, l’offre disponible demeure insuffisante pour accompagner ce rythme. Les ressources domestiques et les importations régionales ne permettent pas, à elles seules, de sécuriser les besoins futurs.
Pour combler une partie de l’écart, plus de 3,5 milliards de dollars d’investissements ont été engagés dans le secteur. Les opérateurs des champs Jubilee et TEN prévoient environ 2 milliards de dollars d’ici 2028 pour soutenir la production. Le champ Sankofa mobilise, de son côté, 1,5 milliard de dollars supplémentaires, principalement orientés vers le gaz.
Ces efforts renforcent la base productive, sans toutefois compenser la vitesse de croissance de la demande. Le déséquilibre entre consommation et mise en production reste le principal point de fragilité du système.

