Libye: Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi assassiné à son domicile
Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a été tué mardi 3 février 2026 à Zenten, dans l’ouest de la Libye, lors de l’assaut de sa résidence par un groupe d’hommes armés.
Seif al-Islam Kadhafi, longtemps présenté comme l’héritier politique potentiel de son père avant la chute du régime en 2011, a été abattu à son domicile par un commando armé. L’information a été confirmée par plusieurs proches, dont son conseiller Abdullah Othman Abdurrahim et son avocat français, Marcel Ceccaldi.
Selon les premières indications, quatre hommes armés auraient pris d’assaut sa résidence après avoir neutralisé les caméras de surveillance, avant de l’exécuter. L’attaque s’est déroulée en plein après-midi, à Zenten, une ville où Seif al-Islam avait longtemps été détenu après son arrestation en 2011.
Âgé de 53 ans, celui qui s’était construit l’image d’un réformateur modéré a vu sa réputation s’effondrer au début de l’insurrection libyenne, lorsqu’il avait tenu des discours menaçants à l’encontre des opposants au régime de son père. Condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès controversé, il avait ensuite bénéficié d’une amnistie, tout en restant sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes contre l’humanité.
Une disparition aux lourdes conséquences politiques
Jusqu’à l’annonce de son assassinat, le lieu exact de sa résidence demeurait incertain. En 2021, malgré les poursuites internationales, Seif al-Islam Kadhafi avait surpris en déposant sa candidature à l’élection présidentielle, s’appuyant sur une frange de la population nostalgique de l’ancien régime. Un scrutin qui, finalement, n’a jamais eu lieu.
Pour plusieurs analystes, sa mort pourrait profondément modifier les équilibres politiques en Libye. L’expert Emadeddin Badi estime que cet assassinat est susceptible de transformer Seif al-Islam en figure martyre pour ses partisans, tout en éliminant un acteur clé qui cristallisait les tensions autour du processus électoral.
Du côté des proches de l’ancien régime, les réactions oscillent entre indignation et tristesse. Moussa Ibrahim, ancien porte-parole de Mouammar Kadhafi, a dénoncé un acte « perfide », affirmant que Seif al-Islam aspirait à une Libye unie et souveraine. Selon lui, cet assassinat ne ferait qu’attiser la haine et le ressentiment dans un pays déjà fragilisé.
Plus de quinze ans après la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye reste profondément divisée. Deux pouvoirs rivaux se disputent toujours la légitimité : le gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, et l’exécutif de l’est, soutenu par le maréchal Khalifa Haftar. La mort de Seif al-Islam Kadhafi vient ainsi rappeler, une fois encore, combien la stabilité et la réconciliation nationale demeurent hors de portée.

